États-Unis : plus de mères à la maison due à une garde d’enfants précaire 

Des acteurs de l'alliance économique du comté de York discutant de la précarité de la garde d’enfants aux États-Unis. 

Aux États-Unis, la garde d’enfants est loin d’être évidente pour les parents. Tantôt ce sont les crèches trop chères qui posent souci, tantôt c’est le fait qu’il y a peu de places. Ce phénomène oblige les parents à faire des concessions, et souvent, la solution réside dans les « mères à la maison ».  

Garde d’enfants : un vrai casse-tête pour les Américains 

Aux États-Unis, la pénurie de crèches de ces dernières années a eu un impact significatif sur l’emploi. La garde d’enfants est tombée en pleine précarité. C’est surtout le cas des régions comme York, située entre Washington et New York.  

La région a notamment perdu 20 % de ses crèches depuis le début de la pandémie de la Covid-19. Celles qui subsistent fonctionnent à seulement 85 % de leur capacité en raison du manque de personnel.  

Au niveau national, environ 16 000 établissements (10 %) ont fait faillite depuis 2020. Selon Kevin Schreiber de l’alliance économique du comté de York, le problème préexistait à la pandémie, mais cela s’est exacerbé depuis. Or cette situation constitue un obstacle majeur pour ceux qui cherchent à trouver ou à conserver un emploi. 

États-Unis : des parents obligés de démissionner pour s’occuper de leurs enfants 

Une enquête a révélé que la garde d’enfants aux États-Unis a contraint plus de 20 % des familles à voir l’un de leurs parents quitter le marché du travail. Et dans la majorité des cas, il s’agit généralement de la mère. Cela entraine automatiquement une perte significative de revenus pour le ménage, comme le précise Calvin Moore, responsable du Conseil qui a mené cette enquête.  

Au début de l’année 2023, près de 4,5 millions d’Américains avaient dû démissionner en raison de problèmes liés à la garde d’enfants. Cette situation met en évidence les défis auxquels sont confrontées de nombreuses familles pour équilibrer travail et responsabilités parentales. Un phénomène qui a été exacerbé par la pandémie de Covid-19 et la pénurie de crèches au pays. 

Soit des crèches trop chères, soit des établissements d’accueil avec peu de place 

Même pour les familles ayant la possibilité de faire garder leurs petits, le coût de la garde d’enfants s’avère souvent exorbitant. Les tarifs équivalent à environ 25 % du revenu du ménage, selon Kim Bracey de l’association YWCA York.  

Face à ces crèches trop chères et avec peu de place, les parents sont conduits à leur dernier retranchement : lequel d’entre eux doit travailler et lequel doit rester à la maison ? Ils ne peuvent pas se permettre d’encaisser de tels coûts. Dans certains cas, des familles recourent à des cartes de crédit à taux élevé pour couvrir les dépenses de garde d’enfants.  

Cette problématique persistante avait déjà été soulevée par le président de la Fed, Jerome Powell en février 2021. Il avait souligné que de nombreux pays avec une économie avancée disposaient de systèmes de garde d’enfants bien plus développés que les États-Unis. 

Des mères à la maison, contraintes de faire une croix sur leur carrière professionnelle 

Jerome Powell, a exprimé ses regrets au regard de la participation des femmes au marché du travail aux États-Unis. Il y a 25 ans, le pays avait la plus forte participation des femmes dans la population active, mais que ce n’est plus le cas actuellement. Il a pointé du doigt les politiques et les mesures qui ont conduit à ce recul et ont multiplié les mères à la maison

Selon Michael Pearce, économiste chez Oxford Economics, suite à une forte croissance dans les années 1970 et 1980, les États-Unis ont pris du retard dans ce domaine. Désormais, parmi les principales économies avancées, seule l’Italie se place derrière le pays de l’Oncle Sam. Il présente lui aussi une part de femmes en âge de travailler plus faible dans la population active.  

En août 2023, le taux des femmes américaines travailleuses a augmenté à 57,7 %. On est revenu à son niveau de fin 2019. Cependant, cela reste en dessous du record historique de 60,3 % d’avril 2000. 

Quelles solutions pour rééquilibrer la balance de l’emploi homme et femme ?

Michael Pearce estime que les États-Unis pourraient réduire l’écart qui les sépare d’autres économies avancées au cours des 5 prochaines années en matière de garde d’enfants.  

Plusieurs facteurs entrent alors en jeu, notamment la mise en place d’emplois plus flexibles, le développement de congés parentaux, la baisse de la fertilité, et, à moyen terme, le soutien potentiel apporté par des aides aux parents actifs.  

Ces changements pourraient permettre aux États-Unis de rattraper leur retard en matière de participation des femmes au marché du travail par rapport à d’autres économies avancées. Le pays pourra ainsi améliorer les conditions pour les travailleurs parents et réduire les obstacles qui entravent leur participation au marché du travail. 

Alliance économique et les entreprises de York : pour une amélioration des services 

Au vu de la situation, l’alliance économique et les entreprises de York ont mobilisé plusieurs millions de dollars afin de résoudre le problème de crèches.  

Leur objectif est d’améliorer l’accès à des services de garde d’enfants à prix raisonnable et de qualité. En plus, ils veulent dispenser les éducateurs de formation adéquate.  

Cette initiative vise à lutter contre l’absentéisme des parents, qui est principalement motivé par les problèmes de garde d’enfants.  

Selon Kevin Schreiber, il est essentiel d’améliorer la situation, pas seulement à York mais, dans l’ensemble du pays. Le manque de crèches est un problème national et de nombreuses entreprises reconnaissent la nécessité de trouver des solutions pour soutenir leurs travailleurs parents.  

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Avec ETX Daily Up 

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