Popcorn brain : attention à la surexposition aux écrans chez l’enfant 

Une femme ébahie en train de regarder un film au cinéma, une illustration du phénomène de « popcorn brain ».

Combien de fois a-t-on dit que l’exposition aux écrans était néfaste au cerveau d’un enfant ? Tellement ! Et, le « popcorn brain » le confirme une fois de plus. Selon celui-ci, trop de sollicitations numériques réduisent la capacité concentration et peut générer un retard de développement chez les plus jeunes.  

« Popcorn brain » : quand dans notre tête, ça fait constamment « pop » ! 

Bien plus qu’un terme ludique et enfantin, le « popcorn brain » est un phénomène on ne peut plus sérieux. Il renvoie à une difficulté à se concentrer sur une seule et unique tâche à cause d’une surexposition aux écrans. Il s’agit d’une inquiétante réalité qui tend à se répandre chez la jeunesse actuelle.  

Traduit par « cerveau pop-corn », ce néologisme désigne l’incapacité du cerveau à se fixer sur une tache, sautillant d’une information à une autre sans pouvoir se poser.  

Une concentration qui « éclate » dans tous les sens, passant d’une tâche à une autre 

L’avènement du numérique a mis notre cerveau à rude épreuve. Il croule sous les stimuli en étant constamment exposé aux écrans et à des contenus fragmentés. Or, cela génère une surcharge cognitive que notre esprit a parfois du mal à suivre.  

C’est dans ce tourbillon d’informations que le concept de « popcorn brain » a émergé. Celui-ci illustre notre tendance à disperser notre attention à la manière de grains de pop-corn éclatant dans tous les sens. Pourtant, cela nuit à notre capacité de concentration, rendant l’exécution de diverses tâches complexes de plus en plus ardues.  

Un phénomène résultant surtout de l’exposition aux écrans excessive 

Le « popcorn brain » découle principalement d’une forte exposition aux écrans au quotidien. 

Selon une étude menée en France par Junior Connect auprès de plus de 4 000 enfants et adolescents âgés de 13 à 19 ans, ces derniers possèdent en moyenne trois écrans personnels. Les enfants de moins de 6 ans passent même 6 heures par semaine sur Internet. Les 7-12 ans passent en moyenne 9 heures par semaine en ligne, tandis que les adolescents de 13 ans et plus y sont près de 18 heures par semaine. 

Ils y consacrent la majeure partie de leurs temps à visionner des vidéos, à communiquer avec leurs proches, écouter de la musique ou jouer à des jeux vidéo.  

Selon les données du dernier Digital Report 2024 de We Are Social et Meltwater, l’internaute moyen passe environ 6 heures et 40 minutes en ligne chaque jour. C’est soit 3 minutes de plus qu’en 2023. 

Un retard de développement observé chez les enfants de 1 an 

Comme l’illustre le « popcorn brain », surutiliser les écrans dégrade significativement notre capacité d’attention.  

Une étude japonaise, parue en 2023 dans la revue JAMA Pediatrics et portant sur 7 097 enfants, en étaie les faits. Effectivement, celle-ci démontre le lien incontestable entre le temps passé sur les écrans à l’âge de 1an et un retard de développement. Entre autres, ce retard se porte sur divers domaines tels que la communication, la motricité globale et fine, la résolution de problèmes, ainsi que les capacités personnelles et sociales à l’âge de 2 et 4 ans.  

Cette recherche met en lumière les effets néfastes de l’exposition précoce aux écrans sur le développement global des enfants. Elle souligne l’importance de limiter le temps d’écran dès le plus jeune âge afin de préserver leur attention et favoriser un développement sain. 

Une dépendance du cerveau aux contenus « récompenses » en cause

Gloria Mark est professeure émérite d’informatique à l’université d’Irvine. Elle nous explique que notre cerveau est programmé pour rechercher constamment des récompenses. Et, les écrans lui offrent une source illimitée de gratifications avec leurs notifications, images multicolores et contenus divers.  

Cette stimulation constante génère alors une forme d’addiction pour le cerveau. Dès lors, celui-ci aura du mal à retrouver goût dans des activités moins stimulantes.  

Mark qualifie cela de « pièges à attention ». Pour cause, ces contenus engageants et gratifiants poussent l’utilisateur à rester captivé et happé. Cette quête perpétuelle de nouvelles « récompenses » rend alors les tâches quotidiennes moins attrayantes, voire triviales.  

Une surstimulation réduisant le temps d’attention jusqu’à 47 secondes 

Au cours des dernières décennies, la surstimulation numérique, illustrée par le « popcorn brain », a significativement réduit notre capacité d’attention et de concentration.  

Professeure émérite d’informatique à l’université d’Irvine, Gloria Mark alerte sur l’évolution inquiétante de ce phénomène. Dans une étude publiée en 2004, elle rapporte que la durée moyenne d’attention sur les écrans était de seulement 2 minutes et demie.  

Cependant, entre 2016 et 2020, cette moyenne a chuté de façon spectaculaire à 47 secondes, comme l’indiquent les recherches menées. Cette diminution significative témoigne définitivement de l’impact délétère de la surstimulation numérique sur notre capacité à maintenir notre attention sur une tâche donnée. 

Des parents conscients de l’effet néfaste du numérique sur leur enfant 

Selon un sondage Ifop réalisé en février 2024 pour la Fondation pour l’enfance, les parents sont pleinement conscients des effets néfastes du « popcorn brain ». 70 % des parents avec des enfants de moins de 6 ans estiment que cette surstimulation numérique aux écrans impacte de près ou de loin leur développement.  

Cette prise de conscience reflète la préoccupation croissante des parents face à la surexposition numérique des jeunes. Elle met aussi le doigt sur ses conséquences sur la santé mentale et le développement cognitif de l’enfant.  

Il devient ainsi capital de limiter l’exposition des enfants aux écrans et de promouvoir des activités plus bénéfiques pour leur croissance et leur épanouissement.  

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Avec ETX Daily Up 

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