Natalité japonaise : les femmes ne sont pas des boucs émissaires !

Un temple au Japon dédié aux naissances et aux grossesses, un lieu de culte pour soutenir la natalité japonaise.

Pour redresser la natalité japonaise, le gouvernement nippon se met sur son pied de guerre. Il encourage les familles à avoir des enfants. Entretemps, on laisse entendre que les femmes sont responsables de la baisse des naissances. Pour créer débat, celles-ci s’expriment sur les réseaux sociaux.

Une natalité japonaise en pleine chute libre

En 2022, l’archipel du Japon a comptabilisé moins de 800 000 naissances. C’est le seuil le plus bas de toute l’histoire de la natalité japonaise depuis 1899. Inquiet, le Premier ministre Fumio Kishida a tiré la sonnette d’alarme en janvier 2023. Cette tendance pourrait altérer le fonctionnement de la société du Japon. Pour alerter la population, de nombreux articles traitant de ce sujet ont même été publiés.

Certes, le problème de faible taux de naissances est un phénomène commun aux pays industrialisés. Cependant, le souci est d’envergure au Japon, classé second des nations avec la population la plus âgée. De plus, il abrite le plus grand nombre de femmes de plus de 50 ans sans enfant au sein de l’OCDE.

Une tendance qui se fait sentir par une main-d’œuvre commençant à faire défaut et difficile à compenser à cause des règles d’immigration très rigoureuses au pays.

Ayant peu de voix au chapitre, les femmes créent débat en ligne

Au pays du soleil levant, le gouvernement est à dominance masculine avec seulement deux femmes placées. De plus, au moins 90 % de la chambre basse du Parlement sont des hommes.

De ce fait, les femmes semblent ne pas avoir leur mot à dire sur le débat public actuel. Certaines ont même l’impression d’être pointées du doigt, voire rendues responsables de la situation. Dès lors, si elles n’ont pas le droit à la parole en public, elles contrattaquent sur les réseaux sociaux.

C’est du moins ce qu’a fait Ayako, une Tokyoïte de 38 ans sans enfant, qui appelle au respect des différents choix de vie de chacun. Elle précise dans la foulée que les femmes ne sont pas responsables du déclin de la natalité japonaise. Pour l’écrivaine de 47 ans, Tomoko Okada, elle pensait qu’avoir des enfants étaie le parcours de vie à suivre. Cependant, partager ses déboires en ligne l’a déculpabilisée. Cela lui a montré que son mode de vie actuel n’a rien de répréhensible.

Les voix s’élèvent sur les réseaux sociaux, mais en vain ?

Aux yeux de Yuiko Fujita, professeure d’études de genre à l’université Meiji, les médias sociaux représentent une plateforme permettant aux femmes d’émettre leur avis sur la politique et les questions sociétales en toute confiance. Cependant, elles le font sous couvert d’anonymat. Dans la vie réelle, c’est loin d’être aussi évident.

Par exemple, bien qu’Ayako ait osé s’exprimer sur les réseaux sociaux, elle confie tout de même se sentir « exclue » quand elle fait part de ses opinions sur la parentalité et la natalité japonaise dans la vraie vie. Elle remarque même que les femmes qui s’affirment publiquement sont très critiquées.

De manière générale, la société nippone donne peu de crédit aux opinions féminines. Pour preuve, des « hashtags » viraux sur Twitter déplorant la situation des mères seules ou s’indignant des demandes d’inscription en crèche rejetées n’ont eu aucun écho au-delà des réseaux sociaux.

La politique sur les familles comme possible cause

Les experts pensent qu’il existe diverses causes possibles à la natalité japonaise en berne. La rigidité de sa structure des familles fait partie de leurs théories. Pour preuve, seulement 2,4% des naissances se font hors mariage. C’est le plus faible taux de tous les pays de l’OCDE.

Il y a aussi ceux qui déplorent les conditions économiques du pays. La faible croissance actuelle du Japon dissuade les couples à l’envie d’avoir des enfants. Certains pensent aussi que les répartitions caduques des rôles au sein du noyau familial y sont pour quelque chose.

Pour remédier à la situation, sont requises une meilleure accessibilité aux services de garde d’enfants et une meilleure répartition des tâches ménagères. La natalité japonaise retrouverait aussi grâce avec une stabilité économique pérenne. Pour le moment, le Premier ministre se contente d’offrir un soutien financier pour les familles, un accès facilité à la crèche et des congés parentaux plus longs.

Baisse des naissances : pourquoi s’alarmer ?

De manière générale, une baisse des naissances peut entrainer des conséquences graves sur la durée, à savoir :

  • Vieillissement de la population : un déséquilibre démographique entre les personnes âgées et les jeunes peut avoir des répercussions sur l’économie et le marché du travail.
  • Pression sur les systèmes de retraite : cela renvoie à une pression accrue pour financer les prestations de retraite pouvant générer une augmentation des impôts pour les travailleurs actifs.
  • Diminution de la main-d’œuvre : cela peut entrainer une diminution de la production, de la croissance économique et de la compétitivité du pays.
  • Diminution de l’innovation et de la créativité venant des jeunes générations.

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Avec ETX Daily Up

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