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Botulisme : mais d’où nous vient cette affection paralytique ?  

Un plateau de boudins, le mot à l’origine du terme « botulisme »

Savez-vous que le nom « botulisme » tire sa dénomination du terme latin « botulus » signifiant « boudin » ? - Photographie fcafotodigital / Getty Images©

Vous connaissez ce qu’est une intoxication alimentaire, mais qu’en est-il du botulisme et de ses dangers sanitaires ? Cette maladie s’attrape en consommant des conserves et de la charcuterie. Un enfant peut même la contracter en ingérant du miel. Pour ne courir aucun risque, zoom sur les aliments à éviter.  

Une alerte au botulisme dans la préfecture de la Gironde 

Dans un récent communiqué, la préfecture de la Gironde a fait état de plusieurs cas de botulisme. Les sujets atteints ont été pris en charge par le CHU de Bordeaux. Selon nos sources, ils auraient contracté l’affection après avoir consommé des conserves de sardines servies dans un restaurant.  

Cet incident rappelle une fois de plus les risques sanitaires liés aux bocaux artisanaux mal stérilisés. Cependant, il faut reconnaître que les conserves ne sont pas les seuls vecteurs de botulisme. D’autres aliments doivent également faire l’objet de vigilance.  

Cela dit, nul besoin de monter sur ses grands chevaux ! Il suffit de prendre les bonnes précautions lors de la préparation et de la conservation des produits alimentaires, en particulier ceux qui sont en conserve. Cela minimise les risques de contamination par la bactérie en cause de cette maladie.  

Les conserves : les éternels coupables 

En cas de suspicion de botulisme, on met systématiquement en cause les conserves. C’est à juste titre vu que la toxine générée par la bactérie « Clostridium botulinum » se multiplie dans les aliments mal conservés après une incubation de quelques heures à quelques jours. Cela est particulièrement valable pour les bocaux d’aliments faits maison qui ne sont pas suffisamment stérilisés.  

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette bactérie pullule dans des légumes conservés un tantinet acides tels que les haricots verts, les épinards, les champignons et les betteraves.  

Dès lors, il est capital de comprendre que le botulisme ne se cantonne pas aux conserves artisanales mal stérilisées, mais peut également concerner d’autres produits, en particulier ceux à faible acidité. 

Charcuterie : seconde cause de l’affection 

C’est dit : les conserves représentent sans conteste un des principaux vecteurs de botulisme. Par extension, on comprend que la consommation d’aliments issus de la salaison ou des préparations à base de charcuterie (c’est-à-dire d’abats, de viande crue ou cuite) sont aussi incriminables. 

Pour rappel, les charcuteries englobent des produits tels que le pâté, le jambon cru ou cuit, ainsi que divers types de saucisses.  

Notez d’ailleurs que le nom « botulisme » dérive du terme latin « botulus » signifiant « boudin ». Cette étymologie rappelle de manière frappante le lien entre cette maladie potentiellement grave et la charcuterie.  

Faites aussi attention aux poissons séchés et fumés ! 

Quand on consomme des conserves de produits de la mer, la vigilance est également de mise. Le hareng, le saumon ou la truite, surtout s’ils ont été fumés, représentent une autre cause au botulisme. Ces produits, généralement cuits, sont habituellement conservés sous vide. 

Selon les directives de l’OMS, il faut également faire attention aux poissons ayant fait l’objet de salaison. C’est par exemple le cas du saumon gravlax qui est « cuit » en étant recouvert de sel. 

Même les conserves de thon ne doivent pas être prises à la légère, prévient l’OMS. Il est recommandé de jeter tout produit alimentaire en cas de doute. Le ministère de l’Agriculture conseille de ne pas en consommer si le produit a une couleur ou une odeur inhabituelle, si sa boîte est gonflée ou si la conserve ne génère aucun bruit d’ouverture.  

Le miel à proscrire chez les nourrissons ! 

Si vous êtes parents d’un nouveau-né, votre médecin vous a sûrement déjà interdit de lui donner du miel durant ses 12 premiers mois de vie. C’est à juste titre au vu du botulisme infantile qui est une forme spécifique de la maladie. Celui-ci s’observe le plus souvent chez les bébés âgés de moins de 6 mois.  

Dès lors, l’ingestion de miel revient à voir germer les spores de la bactérie Clostridium botulinum dans l’intestin de l’enfant. À cet âge, son corps ne dispose pas des défenses nécessaires pour lutter contre ces spores.  

Il est important de noter que ces dernières se trouvent non seulement dans le miel, mais aussi dans les poussières, comme le précise l’Institut Pasteur. 

Des spores qui se trouvent partout 

Une infime quantité de cette bactérie introduite dans le corps peut déclencher un cas de botulisme. Or, selon l’Institut Pasteur, cette affection est fatale dans 5 à 10 % des cas. Cela dépend de la catégorie de toxine en cause.  

La bactérie « Clostridium botulinum » est omniprésente dans notre environnement, que ce soit dans le sol, les végétaux ou même dans les intestins d’animaux (poissons, porcs, etc.). Le ministère de l’Agriculture explique qu’elle se multiplie en l’absence d’oxygène, ce qui explique pourquoi elle se retrouve couramment dans les aliments sous vide et en conserve.  

Ce qu’il faut faire pour protéger son enfant des dangers sanitaires 

Pour minimiser les risques de botulisme chez l’enfant en bas âge, il faut se plier à des règles strictes en matière de sécurité alimentaire. Tout d’abord, on évite de donner du miel à un nourrisson âgé de moins de 1 an. On se gardera également d’ajouter du miel dans ses repas, son eau, ses préparations et sa tétine, et ce, quel que soit son âge.  

On ne commencera à introduire cet aliment dans son régime alimentaire uniquement que lorsqu’il a plus de 12 mois. À cet âge, ses intestins abritent les bactéries aptes à les protéger des spores du Clostridium botulinum. Cela réduit considérablement les risques de dangers sanitaires du botulisme infantile.  

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Avec ETX Daily Up 

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